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Red Nation Rising

Red Nation Rising

From Bordertown Violence to Native Liberation
par Nick Estes 2021 176 pages
4.38
159 évaluations
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Points clés

1. La Ville Frontalière : Une Expression Spatiale de la Violence Coloniale des Colons

Toute ville est une ville frontalière, car chaque ville sert de frontière que les colons doivent défendre.

Définir la Ville Frontalière. Le concept de « ville frontalière » dépasse la simple localisation géographique ; il incarne une relation fondamentale et un projet continu du colonialisme des colons. Il ne s’agit pas seulement de villes situées aux frontières internationales, mais de tout établissement où l’ordre colonial affronte l’ordre autochtone, faisant de chaque ville coloniale un lieu intrinsèquement conflictuel et défensif. Cette omniprésence de la frontière souligne l’échec constant et actif du projet colonial à éliminer totalement la présence autochtone.

Racines Historiques. Les villes frontalières sont nées des avant-postes coloniaux, initialement conçus pour contenir les Indiens « hors réserve » et empêcher les personnes noires réduites en esclavage de trouver refuge dans les sociétés autochtones. Ces premiers établissements, souvent militarisés, ont évolué en villes incarnant la vision coloniale de la « civilisation » à la « frontière occidentale ». Cette trajectoire historique révèle que l’existence même de ces villes repose sur la dépossession violente et le contrôle des terres et des peuples autochtones.

Violence Quotidienne. La ville frontalière impose des millions d’indignités quotidiennes aux peuples autochtones, constamment renvoyés à un sentiment d’« étrangeté » sur leurs propres terres. Ce contexte nourrit une « nature quotidienne de la suprématie blanche », où la violence contre les individus autochtones — de la brutalité policière aux attaques de justiciers — devient banalisée et souvent impunie. La traversée constante de ces frontières invisibles, qu’elles soient physiques ou juridictionnelles, marque chaque pas autochtone comme une transgression de l’ordre colonial.

2. L’Anti-Indianisme : L’Idéologie de l’Élimination Autochtone

Pour les sociétés coloniales, ignorer l’anti-indianisme, c’est y participer.

Organiser l’Élimination. L’anti-indianisme est l’idéologie fondatrice des sociétés coloniales nord-américaines, organisant systématiquement l’élimination des peuples autochtones. Il se manifeste de manière subtile ou ouverte, des représentations racistes dans la culture populaire et les mascottes sportives aux actes spectaculaires de violence génocidaire. Cette idéologie est profondément ancrée dans le droit et la culture coloniale, façonnant l’expression sociale et perpétuant la dépossession autochtone.

Consentement du Sens Commun. Ce sens commun anti-indien fonctionne comme un système de croyances structuré, absorbé sans critique par les citoyens coloniaux, les contraignant à participer au projet d’élimination autochtone. Contrairement au capitalisme, qui requiert le consentement des travailleurs, le colonialisme des colons exige principalement le consentement de la classe ouvrière coloniale pour maintenir le système. Cela transforme l’obligation quotidienne de déposséder les terres autochtones en un aspect central de l’identité et de la citoyenneté coloniales.

Le « Problème Indien ». La présence continue des peuples autochtones sur les territoires « colonisés » constitue un défi persistant au récit colonial d’effacement autochtone, créant ce que l’on a historiquement appelé le « problème indien ». Ce problème ne relève pas d’une pathologie autochtone, mais de l’incapacité coloniale à réaliser pleinement l’élimination autochtone. L’anti-indianisme est donc une performance continue de propriété et d’appartenance au détriment des vies et de la souveraineté autochtones.

3. Police et Justiciers : Exécuteurs de l’Ordre Colonial et Meurtriers d’Autochtones

La police est le meurtrier autochtone de la société coloniale.

Fabriquer l’Ordre. La police est spécialisée dans la violence dont la fonction première est de fabriquer et maintenir un ordre social colonial, souvent par la violence ou la menace de celle-ci. Cet ordre repose sur la prémisse que les peuples autochtones n’ont aucune légitimité sur leurs terres et constituent un obstacle aux revendications coloniales. Depuis leurs origines en tant que chasseurs de scalps, les policiers ont été des agents du génocide, assurant la « mince ligne bleue » entre la « civilisation » et la « sauvagerie » (présence autochtone).

Le Vigilantisme comme Loi. Le vigilantisme, souvent idéalisé comme une défense héroïque dans le mythe du « Far West », est une pratique essentielle du colonialisme des colons, où des citoyens privés se chargent de maintenir l’ordre colonial, souvent par une violence génocidaire. Cela inclut des actes tels que le « Indian rolling », un sport sanglant de torture et meurtre brutal visant les Autochtones sans abri, destiné à les terroriser et leur rappeler qu’ils sont « hors de leur place ». Le massacre de Chokecherry à Farmington, Nouveau-Mexique, où des adolescents ont brutalement assassiné des hommes navajos, en est un exemple.

Au-Delà de la Brutalité. Le terme « brutalité policière » est un concept réformiste qui masque la violence inhérente à la police dans les sociétés coloniales. Il suggère que la violence policière est une aberration plutôt qu’une fonction essentielle. Appeler à la fin de la brutalité policière ne signifie pas mettre fin à la violence policière, mais réclamer une violence plus « justifiée ». Le véritable changement exige de reconnaître la police comme une institution génocidaire et d’appeler à son abolition, démantelant ainsi l’ordre social colonial qu’elle soutient.

4. Capitalisme et Exploitation : Le Moteur Économique du Colonialisme des Colons

Le capitalisme a besoin du colonialisme et du racisme.

Origines Sanglantes. Le capitalisme, système économique fondé sur la propriété privée et l’accumulation de richesses, est arrivé « trempé de sang », expropriant de force terres et travail. En Amérique du Nord, il s’est construit sur des terres autochtones volées et le travail forcé des Africains réduits en esclavage, faisant des États-Unis la première nation née entièrement en tant qu’État capitaliste. Cette fondation a nécessité une violence policière et militaire constante pour établir et maintenir les hiérarchies de classe et raciales.

Économies des Villes Frontalières. Les villes frontalières sont des centres économiques conçus pour exploiter la vie, le travail et les ressources autochtones au profit des colons. Ces économies dépendent largement des clients autochtones et de la main-d’œuvre autochtone bon marché, alors que les Autochtones possèdent rarement ces entreprises.

  • Les prêteurs sur gages, les prêteurs sur salaire et les magasins d’alcool ciblent les populations autochtones vulnérables.
  • Le « marché de l’art autochtone » exploite le travail culturel autochtone au profit de riches galeristes et commerçants.
  • Les industries extractives (pétrole, gaz, charbon, uranium) polluent les terres autochtones tandis que les profits affluent vers les corporations et les colonies blanches, créant des inégalités économiques permanentes.

Capitalisme Racial. Le capitalisme utilise la différenciation raciale pour désigner certaines populations comme exploitables et jetables. Les Autochtones sont condamnés à une sous-classe permanente, leurs terres et corps traités comme des « ressources naturelles » à exploiter. Ce système transforme les vies et territoires autochtones en « terres désolées », assurant que les nations autochtones bénéficient rarement des richesses extraites de leurs territoires, rendant la souveraineté véritable impossible.

5. Les Constructions Coloniales : Outils pour Justifier la Dépossession Autochtone

Le colon comprend la chasse comme une mission divine de tuer.

Fabriquer la Différence. Les sociétés coloniales emploient diverses constructions sociales pour justifier la dépossession et le contrôle autochtones. Ces constructions, souvent présentées comme naturelles ou scientifiques, créent une hiérarchie de valeur plaçant les Autochtones au bas de l’échelle, les qualifiant de « préhumains » ou « non-humains ».

  • « Sauvage/Sauvagerie » : définit les Autochtones comme hors de la civilisation, justifiant leur élimination et l’imposition de l’ordre de classe.
  • « Indien ivre » : stéréotype raciste utilisé pour excuser la violence et l’exploitation, pathologisant la consommation d’alcool autochtone comme une déficience biologique plutôt qu’un symptôme de l’oppression coloniale.
  • « Sans-abrisme » : catégoriser les Autochtones sans abri comme « sans domicile » ou « marginaux » est une tactique de contre-insurrection, les présentant comme ennemis de l’État et justifiant leur expulsion de leurs propres terres.

Contrôler les Récits. Les institutions coloniales, de l’université à l’éducation publique et aux médias, perpétuent ces constructions. Les « experts indiens » ont historiquement justifié les politiques génocidaires et continuent de gérer l’insécurité coloniale en dépeignant les Autochtones comme disparus ou pathologiques. L’« histoire » elle-même est blanchie, promouvant des mythes comme « l’harmonie triculturelle » du Nouveau-Mexique pour minimiser la violence coloniale et réduire les revendications territoriales autochtones à de simples contributions « culturelles ».

Charité et Libéralisme. Même des concepts apparemment bienveillants comme la « charité » et les « droits humains » sont des escroqueries coloniales. Églises et ONG profitent de la misère autochtone, utilisant la « charité » pour prosélytiser et maintenir les relations coloniales. Les « droits humains », tels que définis par l’État libéral, privilégient la propriété privée et limitent l’appartenance, niant de fait les revendications autochtones sur la terre et la liberté collective. Le libéralisme, avec son insistance sur « la vie, la liberté et la propriété », est intrinsèquement lié à la violence de la dépossession autochtone.

6. Violence de Genre : Une Pratique Fondamentale du Colonialisme des Colons

La violence de genre est donc une pratique fondamentale du colonialisme des colons.

Imposer des Binarités. Le colonialisme des colons a imposé violemment les binarités de genre occidentales et hétéronormatives (masculin/féminin) aux sociétés autochtones qui reconnaissaient et respectaient historiquement des identités de genre diverses. Cette imposition n’était pas seulement culturelle, mais un acte stratégique visant à perturber l’organisation sociale autochtone et à exercer le contrôle. Par exemple, les prêtres espagnols ont systématiquement torturé les « joyas » ou personnes de troisième genre, cherchant à exterminer des ordres politiques alternatifs défiant les normes coloniales.

Épidémie MMIWG2S. L’épidémie des Femmes, Filles et Personnes Deux-Esprits Autochtones Disparues et Assassinées (MMIWG2S) est une conséquence directe de cette violence de genre fondamentale. Les femmes autochtones sont disproportionnellement victimes d’agressions sexuelles et de meurtres, une crise exacerbée dans les villes frontalières et par les industries extractives.

  • Les « camps d’hommes » liés à l’exploitation pétrolière et gazière entraînent une augmentation des cas de harcèlement sexuel, d’agressions et de trafic.
  • Les autorités tribales manquent souvent de juridiction ou de ressources pour traiter efficacement ces crimes.
  • La reconnaissance étatique des MMIWG2S est souvent performative, sans démanteler les structures sous-jacentes qui permettent cette violence.

Terre et Corps. Les féministes autochtones soulignent le lien indissociable entre le viol des femmes autochtones et la conquête des terres autochtones, considérant les corps des femmes comme des prolongements de la Terre-Mère. La stérilisation forcée des femmes autochtones, pratique eugéniste, illustre davantage la tentative étatique coloniale de contrôler la reproduction et la population autochtones, reliant directement la violence de genre à l’objectif d’élimination autochtone et d’acquisition territoriale. La libération exige de démanteler l’hétéronormativité patriarcale parallèlement au colonialisme des colons.

7. L’Illusion de la Réforme : Pourquoi les Systèmes Coloniaux ne Peuvent Être Rachetés

La ville frontalière ne peut être réformée et la société coloniale ne peut être rachetée.

Systémique, Pas Aberrante. Le colonialisme des colons n’est pas une série d’événements historiques malheureux ou d’actes individuels de bigoterie ; c’est une structure violente et continue. Les tentatives de « réforme » de ce système, telles que les rapports sur les droits civiques ou les appels à la « sensibilité culturelle », sont finalement insuffisantes car elles ne remettent pas en cause la dépendance fondamentale de l’État colonial à l’élimination autochtone. Ces réformes servent souvent à pacifier la résistance et à maintenir l’illusion du progrès sans modifier les dynamiques de pouvoir essentielles.

Trauma et Réconciliation. Le paradigme néolibéral du « trauma » et de la « guérison », tout en reconnaissant les torts, peut dépolitiser involontairement les luttes autochtones. Des concepts comme le « trauma historique » risquent d’individualiser le colonialisme, en se concentrant sur les victimes plutôt que sur le démantèlement du système lui-même. Les efforts de « réconciliation », comme au Canada, offrent souvent inclusion et programmes sociaux au lieu de restitution des terres et abolition du colonialisme, reportant ainsi la justice véritable.

Pas d’État Colonial « Bon ». L’État colonial, par nature, ne peut être source de libération autochtone. Ses institutions — droit, police, éducation, santé publique — sont conçues pour perpétuer la dépossession et le contrôle autochtones. Les « droits humains » sont définis et limités par l’État, servant à légitimer son pouvoir plutôt qu’à garantir la dignité humaine intrinsèque. Toute solution proposée par l’État colonial, des programmes « anti-pauvreté » aux « droits civiques », est un « cheval de Troie » qui introduit l’idéologie coloniale sans changer rien de fondamental.

8. Parenté et Solidarité : Le Fondement de la Résistance Autochtone

La nôtre est une parenté construite pour l’avenir, car c’est une parenté qui a survécu au passé.

Au-Delà des Définitions Coloniales. La parenté autochtone est un lien profond et durable à la terre, à tous les êtres (humains et non humains), et à travers les générations, défiant les définitions coloniales de la famille ou de la propriété. C’est une force politique qui résiste à l’aliénation et à la perte imposées par le colonialisme, offrant une vision de bien-être collectif, de réciprocité, d’égalité et de justice. Cette parenté n’est pas un simple artefact culturel, mais une pratique vivante qui forme la base de la libération autochtone.

La Parenté en Action. La parenté se manifeste dans des actes quotidiens de résistance et d’entraide :

  • Réseaux de soutien pour les femmes trans autochtones dans des économies prédatrices.
  • Groupes intergénérationnels d’Autochtones sans abri se protégeant mutuellement de la violence.
  • Organisations de base fournissant repas solidaires et fournitures aux proches dans les villes frontalières.
  • Luttes pour la justice environnementale, comme Standing Rock, renouvelant les liens avec la terre et l’eau.

Solidarité Latérale. La véritable solidarité pour la libération autochtone est avant tout latérale, reliant les groupes opprimés et colonisés à l’échelle mondiale (par exemple, luttes autochtones, noires, palestiniennes, migrantes, LGBTQI2S). Cela contraste avec la « solidarité verticale », où des groupes privilégiés offrent un soutien limité sans remettre en cause leur propre position sociale ni les contradictions de classe sous-jacentes. La solidarité latérale construit un pouvoir collectif pour renverser la hiérarchie de classe et réaliser un changement révolutionnaire.

9. Décolonisation et Abolition : Le Chemin vers la Libération Autochtone

Décolonisation et abolition ne sont pas mutuellement exclusives.

Démanteler les Systèmes. La libération autochtone exige une transformation radicale, non une simple réforme, par la décolonisation et l’abolition. La décolonisation signifie renverser la colonialité fondamentale qui définit la relation entre États coloniaux et nations autochtones, conduisant à la disparition des États coloniaux et à la restauration de la souveraineté autochtone. L’abolition étend cela au démantèlement des systèmes carcéraux — prisons et police — instruments de la domination de classe et coloniale.

Au-Delà de la « Guérison » et de la « Réconciliation ». Si le trauma est réel, une politique centrée uniquement sur la « guérison » et la « réconciliation » avec les oppresseurs risque de pacifier les revendications révolutionnaires. Ces approches libérales évitent souvent de confronter les conditions matérielles du colonialisme et du capitalisme, causes profondes du trauma. La décolonisation exige la justice, c’est-à-dire tenir responsables les agents pernicieux du colonialisme et démanteler les structures qui perpétuent la destruction autochtone.

Abolir la Propriété. Un principe central de ce chemin est l’abolition de la propriété privée, considérée comme le fondement de la parenté coloniale et le mécanisme du vol des terres.

  • La propriété privée médie toutes les relations coloniales, définissant leur « liberté » comme droit à dominer et accumuler.
  • Ses origines sont dans le sang des ancêtres autoch

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Résumé des avis

4.38 sur 5
Moyenne de 159 évaluations de Goodreads et Amazon.

Red Nation Rising suscite un vif enthousiasme chez ses lecteurs grâce à son examen sans concession du colonialisme de peuplement et des luttes des peuples autochtones d’Amérique. Les critiques saluent son analyse approfondie des villes frontalières, de la violence anti-Indienne et des répercussions persistantes de la colonisation. Ce livre est présenté comme un manifeste puissant en faveur de la décolonisation et de la résistance, offrant un cadre clair pour la libération des peuples autochtones. Si certains regrettent l’absence de solutions concrètes, la majorité loue son contenu stimulant et son appel à l’action. Les lecteurs le trouvent éclairant, dérangeant et indispensable pour comprendre les perspectives indigènes ainsi que les effets durables des injustices historiques.

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À propos de l'auteur

Nick Estes, membre de la tribu Sioux Lower Brule, est professeur assistant d’études américaines à l’Université du Nouveau-Mexique. En 2014, il a cofondé The Red Nation, une organisation de résistance autochtone. Auteur de Our History Is the Future et coéditeur de Standing with Standing Rock, il se consacre aux mouvements de résistance autochtones. Son travail s’étend également au journalisme, avec des publications dans divers médias tels que The Intercept et Indian Country Today. Fort d’une bourse au Charles Warren Center for Studies in American History de l’Université Harvard, Nick Estes concentre son écriture et son activisme sur les droits des peuples autochtones, la résistance historique et les luttes contemporaines contre le colonialisme et le capitalisme.

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