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La révolte des élites et la trahison de la démocratie

La révolte des élites et la trahison de la démocratie

par Christopher Lasch 1995 276 pages
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Points clés

1. Les élites abandonnent le devoir civique et les liens locaux

Les élites, qui définissent les enjeux, ont perdu le contact avec le peuple.

Isolées de la vie ordinaire. Les élites d’aujourd’hui, qu’il s’agisse des dirigeants d’entreprise ou des professionnels de l’information, vivent dangereusement coupées du reste de la nation. Contrairement aux familles aisées du XIXe siècle, enracinées localement et considérant la richesse comme un engagement civique (financer bibliothèques, parcs, etc.), les nouvelles élites sont mobiles et cosmopolites. Elles se regroupent sur les côtes, cultivent des liens internationaux et regardent le cœur du pays avec mépris.

Révolte contre « l’Amérique moyenne ». Cette nouvelle aristocratie intellectuelle perçoit « l’Amérique moyenne » comme technologiquement en retard, politiquement réactionnaire et culturellement provinciale. Leur ascension exige une mobilité constante, les amenant à associer « chez soi » à des voisins envahissants et à des conventions rigides. Ils ne se sentent chez eux qu’en transit, privilégiant un marché global d’argent, de glamour et de culture au détriment des fidélités nationales ou locales.

Le patriotisme, une vertu dévaluée. Le patriotisme occupe une place faible dans leur hiérarchie des valeurs, tandis que le « multiculturalisme » séduit comme un bazar mondial de goûts et coutumes exotiques à goûter sans engagement. Cette vision touristique du monde ne favorise guère une dévotion passionnée à la démocratie, qui exige un sentiment de destin partagé et de responsabilité ancré dans un lieu et une histoire.

2. La redéfinition de l’opportunité : la mobilité remplace la compétence démocratisée

Le succès n’a jamais été aussi étroitement lié à la mobilité, un concept marginal au XIXe siècle dans la définition de l’opportunité.

La mobilité ascendante comme rêve. La conception moderne du « rêve américain » réduit l’opportunité à la mobilité sociale ascendante, notamment vers la classe professionnelle et managériale. Cela contraste fortement avec l’idéal du XIXe siècle, qui envisageait une large répartition de la propriété et la démocratisation de la compétence — l’intelligence et l’initiative nécessaires à l’autonomie et à la gestion de ses affaires.

La compétence signifiait autonomie. Au XIXe siècle, la « compétence » désignait à la fois la propriété et les savoir-faire pour la gérer, favorisant des habitudes d’autonomie et de responsabilité essentielles à la citoyenneté démocratique. Les extrêmes de richesse et de pauvreté étaient redoutés comme fatals à la démocratie, car une classe laborieuse dégradée en était dépourvue. L’idéal était une nation de communautés autogérées, pas seulement d’individus gravissant une échelle sociale.

La méritocratie parodie la démocratie. La mobilité sociale, bien que semblant démocratique, peut consolider l’influence des élites en la légitimant comme fondée sur le mérite plutôt que sur la naissance. Pourtant, elle draine les talents des classes inférieures et encourage les élites à ressentir peu d’obligations envers leurs communautés ou leurs prédécesseurs, privilégiant la fuite du sort commun plutôt que le leadership ou la contribution civique.

3. L’érosion de la communauté et de la vie publique

C’est le déclin de ces communautés, plus que tout autre facteur, qui met en péril l’avenir de la démocratie.

Les quartiers remplacés par les centres commerciaux. Le déclin des communautés autogérées, jadis unités fondamentales de la société démocratique, constitue une menace majeure. Les centres commerciaux suburbains ne remplacent pas les quartiers, qui favorisaient l’esprit civique et l’association informelle. La fuite vers les banlieues, suivie des emplois, a laissé les villes démunies, créant des environnements polarisés entre privilégiés et pauvres.

L’ingénierie sociale mine les liens. Au-delà des forces du marché, une ingénierie sociale éclairée a aussi détruit les quartiers en privilégiant l’intégration raciale par des politiques comme le transport scolaire et la dissolution des enclaves ethniques. Cela exige souvent des sacrifices des minorités ouvrières, non des libéraux suburbains qui conçoivent ces politiques. L’objectif semble être de remodeler les villes pour des élites mobiles qui ne les voient que comme lieux de travail et de loisirs.

Perte des contrôles informels. L’atrophie des contrôles communautaires informels conduit à l’expansion des contrôles bureaucratiques, affaiblissant la confiance sociale et la volonté d’assumer des responsabilités. À mesure que les organisations formelles sont surchargées, les individus improvisent parfois l’entraide, mais les fondements de la vie civique exigent une politique publique visant à restaurer ces mécanismes informels, que le marché seul ne peut réparer.

4. Le débat démocratique dégénère en postures idéologiques

De féroces batailles idéologiques se livrent sur des questions périphériques.

Les élites perdent le contact avec la réalité. L’enfermement croissant des élites fait que les idéologies politiques se déconnectent des préoccupations des citoyens ordinaires. Le débat devient fermé et stéréotypé, circulant autour de mots-clés parmi les « classes bavardes » qui vivent dans un monde artificiel de simulations. Les nouvelles idées peinent à percer les orthodoxies rigides gauche/droite.

Les idéologues évitent l’engagement. Plutôt que d’aborder les vrais problèmes sociaux, les idéologues s’échangent accusations (fascisme/socialisme) et classent les arguments en orthodoxes ou hérétiques. Ils ne lisent que des ouvrages confirmant leurs vues, absorbant des énergies qui seraient mieux employées à l’autocritique. Cette perte de capacité d’autocritique signale une tradition intellectuelle moribonde.

Fausse impression de polarisation. La domination d’élites rivales attachées à des idéologies irréconciliables crée une fausse impression de polarisation profonde. Des enjeux irréels pour la plupart des Américains dominent la politique nationale, tandis que les vrais problèmes restent non résolus. Cette rigidité idéologique masque les terrains d’entente et remplace les questions substantielles par des enjeux purement symboliques, expliquant pourquoi beaucoup ressentent que la politique ne concerne pas ce qui importe vraiment.

5. Le pseudo-radicalisme académique mine les standards communs

Une fois que le savoir est assimilé à une idéologie, il n’est plus nécessaire de débattre intellectuellement avec ses adversaires ni d’entrer dans leur point de vue.

Le jargon remplace l’argument. Les débats dans l’enseignement supérieur, surtout en sciences humaines, sont dominés par un pseudo-radicalisme académique qui se replie dans un jargon incompréhensible, prétendant être la langue de la « subversion » contre la « clarté » oppressive. Cela rend le discours académique inaccessible aux non-initiés et renforce les privilèges professionnels des spécialistes.

Attaque contre les standards universels. Cette gauche académique, se prétendant porte-parole des opprimés, nie l’existence de valeurs universelles ou transraciales, affirmant que les standards communs sont intrinsèquement racistes ou sexistes. Elle soutient que le « canon » reflète l’hégémonie des « hommes blancs européens morts » et doit être démantelé ou remplacé par des idéologies « alternatives » comme les études noires, féministes, etc.

Condescendance envers les minorités. Cette position manifeste cependant une condescendance envers les minorités qu’elle prétend défendre. En insinuant que ces groupes ne peuvent apprécier ou comprendre les classiques, elle leur refuse l’accès à la culture mondiale, perpétuant un double standard déguisé en tolérance. Cela compromet l’objectif de démocratiser la culture libérale, abandonnée à mesure que l’enseignement supérieur se stratifie économiquement.

6. La culture thérapeutique abolit la honte et la responsabilité

D’un point de vue laïque, la préoccupation spirituelle dominante n’est pas la justice morale mais « l’estime de soi »...

La honte remplacée par l’estime de soi. Une culture thérapeutique a remplacé le concept de péché par celui de maladie et le jugement moral par la « compréhension » et « l’acceptation ». La préoccupation spirituelle majeure est « l’estime de soi », une campagne contre la honte et la culpabilité visant à faire « se sentir bien » les individus, en particulier les minorités victimes.

La compassion dégrade les victimes. Cette idéologie de la compassion, bien que paraissant bienveillante, peut dégrader les victimes en les réduisant à des objets de pitié et en les déchargeant de toute responsabilité. Elle institutionnalise l’inégalité en substituant aux standards impersonnels, dont l’atteinte mérite le respect, une prétention selon laquelle chacun serait « spécial », menant au cynisme lorsque cette prétention devient évidente.

La thérapie comme politique. La vision thérapeutique a pénétré la politique publique, notamment dans les campagnes visant à renforcer l’estime de soi comme remède aux problèmes sociaux tels que la criminalité, la pauvreté et l’échec scolaire. Cette approche, illustrée par le groupe de travail californien sur l’estime de soi, privilégie le « savoir intuitif » sur les preuves et promeut un « État thérapeutique » qui favorise la dépendance plutôt que le respect de soi.

7. La démocratie exige le respect, pas seulement la tolérance ou la compassion

Le respect est ce que nous éprouvons en présence d’accomplissements admirables, de caractères bien formés, de dons naturels bien employés.

La tolérance ne suffit pas. Si la tolérance est une belle qualité, la démocratie requiert une éthique plus stimulante : le respect mutuel. Le respect se mérite par des réalisations admirables, un caractère exemplaire et la bonne utilisation de ses dons ; il exige un jugement discriminant, non une acceptation indiscriminée ou une appréciation des « modes de vie alternatifs ».

Le populisme valorise le respect. Contrairement à la tendance du communautarisme à composer avec l’État-providence et son idéologie de la compassion, le populisme s’engage sans ambiguïté en faveur du respect. Il rejette à la fois la déférence et la pitié, prônant la franchise et tenant les individus responsables de leurs actes, même si cela est qualifié de « jugement moral ».

Se faire des exigences mutuelles. Le climat moral actuel, qui valorise avant tout « l’ouverture » et la « compréhension », a affaibli la capacité de jugement discriminant et rendu réticents à se faire des exigences mutuelles. Cela conduit à tolérer un travail et un comportement médiocres, et finalement à l’indifférence, qui constitue une menace plus grave pour la démocratie que l’intolérance.

8. La crise de la classe moyenne et l’élargissement des inégalités

Le cours général de l’histoire récente ne favorise plus l’égalisation des distinctions sociales mais tend de plus en plus vers une société à deux classes...

Émergence d’une société à deux classes. L’histoire récente montre un renversement de la démocratisation de l’abondance, avec la réinstallation d’inégalités ancestrales. L’écart mondial entre richesse et pauvreté est criant, mais la crise de la classe moyenne est particulièrement significative, car son pouvoir et son nombre dépendent de la répartition globale des richesses.

Réduction de la classe moyenne. Aux États-Unis, les 20 % les plus riches contrôlent la moitié des richesses et ont vu leurs revenus augmenter, tandis que la classe moyenne s’est réduite. Les facteurs incluent le déclin de l’industrie manufacturière, la croissance du travail précaire et la transition vers une économie de l’information et des services. Même les diplômes universitaires ne garantissent plus la prospérité ; les ménages professionnels à double revenu (« accouplement assortatif ») alimentent la richesse des classes supérieures.

L’inégalité économique est indésirable. Si l’égalité civique (limiter l’influence de l’argent hors de son domaine) est importante, l’inégalité économique en elle-même est intrinsèquement indésirable. Le luxe est moralement répréhensible et incompatible avec les idéaux démocratiques. L’accumulation illimitée permet à l’argent de dominer, ce qui signifie que l’égalité sociale et civique suppose au moins une approximation grossière de l’égalité économique.

9. Le déclin des nations et la montée du tribalisme/cosmopolitisme

Le monde de la fin du XXe siècle présente un spectacle curieux. D’un côté, il est désormais uni, par le marché... De l’autre, les loyautés tribales sont promues avec une agressivité sans précédent.

Affaiblissement de l’État-nation. L’affaiblissement de l’État-nation sous-tend à la fois l’unification globale (marché, flux de capitaux) et la fragmentation (conflits ethniques et religieux). L’État ne peut plus contenir aucune de ces forces. Le nationalisme est attaqué par le particularisme ethnique et par les élites cosmopolites qui prônent l’internationalisation.

Les élites cosmopolites manquent de loyauté. Le déclin des nations est lié au déclin global de la classe moyenne, historiquement liée à l’État-nation. Les nouvelles élites cosmopolites, liées aux marchés internationaux, se sentent plus proches de leurs homologues étrangers que de leurs compatriotes. Sans attache nationale, elles ont peu d’inclination à se sacrifier ou à accepter des responsabilités au-delà de leurs enclaves immédiates.

Le cosmopolitisme comme parochialisme. Ce cosmopolitisme, dépourvu de citoyenneté, devient une forme supérieure de parochialisme. Les élites investissent dans des services privés (écoles, sécurité) mais se déchargent de leur contribution au trésor national. Cette « sécession des analystes symboliques » est une révolte contre les contraintes du temps et du lieu, sapant le terrain commun offert par le nationalisme de la classe moyenne.

10. L’université se retire du discours public

Le problème fondamental passe inaperçu : l’abandon de la mission historique de l’éducation américaine, la démocratisation de la culture libérale.

Stratification de l’enseignement supérieur. Les débats sur l’enseignement supérieur se concentrent sur les universités d’élite et les guerres culturelles, ignorant la majorité des étudiants dans les universités publiques et les collèges communautaires. En raison de la hausse des coûts, l’éducation libérale devient de plus en plus un privilège des riches, tandis que la plupart des étudiants suivent des cursus pratiques avec peu d’exposition aux humanités ou à la pensée critique.

Le jargon académique isole. Le repli de la gauche académique dans un jargon spécialisé et la « théorie » les isole du public et de la véritable crise de l’éducation : le déclin des compétences de base, des connaissances générales et des valeurs morales. Ils rejettent critiques et public comme incapables de comprendre des idées complexes, renforçant leur propre isolement professionnel.

Assimilation à l’ordre corporatif. La véritable corruption de l’université ne vient pas du radicalisme académique mais de son assimilation à l’ordre corporatif. Cela détourne les ressources, favorise la quantification, remplace le langage par le jargon et crée une bureaucratie centrée sur les résultats financiers. Cela pousse les penseurs critiques vers la « théorie » des humanités, qui ne remplace pas la critique sociale adressant le rôle de l’université dans le statu quo.

11. La perte de l’art de l’argumentation

Ce dont la démocratie a besoin, c’est d’un débat public vigoureux, pas d’information.

L’information remplace le débat. Malgré « l’ère de l’information », la connaissance publique des affaires civiques a décliné parce que le public ne participe plus aux débats. L’information, facilement accessible, ne fait pas impression quand le débat est un art perdu. C’est le débat, non l’information, qui génère les questions rendant l’information pertinente.

La presse abandonne le forum public. Le journalisme, autrefois farouchement partisan et forum public prolongeant la réunion de ville, est devenu plus « responsable » et « objectif » autour du tournant du siècle. Influencé par les progressistes méfiants envers le jugement populaire et voyant le gouvernement comme une science d’experts, le journalisme est passé de l’encouragement à l’argument à la circulation d’informations, souvent filtrées par les relations publiques.

L’argument est éducatif. Contrairement à la vision de Lippmann qui voit le débat comme un défaut dû au manque d’information, l’argument est l’essence même de l’éducation. Il force à s’exprimer, à risquer ses opinions, et cultive éloquence et jugement. Il exige d’entrer dans les arguments adverses, au risque d’être persuadé. La démocratie est la forme de gouvernement la plus éducative car elle étend largement le débat, rendant les citoyens articulés et critiques.

12. L’âme laïque cherche un sens

Jamais peut-être il n’y eut autant de vide au cœur qu’aujourd’hui, ici aux États-Unis. La foi authentique semble nous avoir quittés.

La sécularisation crée un vide. Le déclin progressif de la religion, malgré une adhésion nominale élevée, a sécularisé la vie publique et relégué la religion au second plan, surtout parmi les élites. Ce vide est comblé par une culture permissive et thérapeutique qui remplace le péché par la maladie et le jugement moral par le non-jugement et l’estime de soi.

La thérapie remplace la religion. La vision thérapeutique, issue en partie de la psychanalyse, se présente comme un remède des âmes, mais substitue à la clairvoyance morale la gestion des symptômes et à l’introspection la validation externe. Elle encourage la dépendance et un culte de la victime, échouant à la fois comme politique et comme substitut à la capacité de la religion à affronter la souffrance existentielle et

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Résumé des avis

3.95 sur 5
Moyenne de 1 000+ évaluations de Goodreads et Amazon.

La révolte des élites et la trahison de la démocratie offre une analyse pénétrante de la société américaine, mettant en lumière le fossé grandissant entre les élites et le reste de la population. Lasch soutient que cette nouvelle classe professionnelle a délaissé ses responsabilités traditionnelles, ce qui entraîne un déclin de l’engagement civique et de la démocratie. L’ouvrage aborde des thèmes essentiels tels que la méritocratie, la mobilité sociale et l’érosion du lien communautaire. Si certains critiques saluent la pertinence des observations de Lasch, d’autres jugent ses arguments parfois décousus ou insuffisamment étayés. Publié en 1995, ce livre conserve néanmoins une étonnante actualité face aux enjeux contemporains.

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FAQ

What is The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch about?

  • Central theme: The book examines how the growing divide between elites and the masses threatens democracy, focusing on the detachment and indifference of elites toward common life.
  • Social and cultural critique: Lasch analyzes the decline of public institutions, the erosion of the middle class, and the weakening of civic responsibility.
  • Consequences for democracy: The book argues that these trends undermine social cohesion, democratic discourse, and the very foundations of democratic society.

Why should I read The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch?

  • Insight into democracy’s crisis: Lasch provides a deep analysis of the social, cultural, and political factors weakening democratic institutions in America and beyond.
  • Understanding elite influence: The book sheds light on how the professional-managerial class and other elites have withdrawn from public life, fostering inequality and fragmentation.
  • Relevance to current issues: It offers a critical perspective on debates about social mobility, education, race, and community, making it essential for those concerned about democracy’s future.

What are the key takeaways from The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch?

  • Elites’ detachment: The elite class is increasingly isolated, living in "lifestyle enclaves" and disconnected from ordinary citizens, threatening democratic participation.
  • Decline of public debate: Vigorous public debate has been replaced by professionalized, sanitized discourse, stifling genuine argument and citizen engagement.
  • Failures of education and culture: The rise of a therapeutic culture and the decline of shared values have eroded the moral and civic foundations necessary for democracy.

What does Christopher Lasch mean by the "revolt of the elites" in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy?

  • Shift from masses to elites: Lasch contrasts the earlier fear of a "revolt of the masses" with the current phenomenon of elites distancing themselves from democratic obligations.
  • Elites’ detachment: These elites control money, information, and culture but have lost faith in Western values and democracy, often preferring cosmopolitan affiliations.
  • Meritocracy critique: The revolt is linked to meritocratic elites who see their privileges as earned, lacking a sense of obligation to the broader community and undermining social solidarity.

How does Christopher Lasch describe the decline of the middle class and its impact on democracy in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy?

  • Middle class erosion: Lasch highlights the shrinking middle class due to job losses, economic inequality, and the rise of contingent labor.
  • Democratic implications: The decline of the middle class weakens the social foundation of democracy, eroding patriotism, local loyalty, and civic responsibility.
  • Social consequences: Urban decay, loss of public services, and increased poverty fuel social unrest and diminish civic engagement.

How does The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch critique education and its role in democracy?

  • Horace Mann’s legacy: Lasch critiques Mann’s vision for creating a professionalized educational establishment that stifles imagination and democratic debate.
  • Bureaucratization and decline: The professionalization of education has undermined teaching quality and autonomy, leading to a sanitized, uninspiring curriculum.
  • Failure to foster civic virtues: Schools have become less effective in cultivating self-reliance, deferred gratification, and the civic virtues necessary for democracy.

What does Christopher Lasch say about the decline of public debate and civic conversation in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy?

  • Loss of argument: Lasch laments the decline of the "art of argument," noting that journalism and public discourse have become formulaic and avoid substantive debate.
  • Media’s role: The rise of professional, "objective" journalism and public relations has led to sanitized information, replacing genuine debate with publicity.
  • Impact on democracy: Without robust public debate, citizens are less able to articulate views, test ideas, and engage meaningfully in democratic life.

How does Christopher Lasch analyze the concept of the elite class in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy?

  • Characteristics of elites: The elite class is defined by lifestyle, education, and cultural attitudes, not just wealth.
  • Separation from common life: Elites have withdrawn from civic engagement and local communities, fostering snobbery and disdain for the masses.
  • Meritocracy and inequality: Lasch critiques the meritocratic ideal, arguing it perpetuates inequality and social stratification rather than promoting genuine equality.

What is the "therapeutic culture" described in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch?

  • Definition and rise: Therapeutic culture replaces traditional moral and religious frameworks with a focus on self-esteem, acceptance, and emotional well-being.
  • Impact on democracy: This culture undermines personal responsibility and shame, fostering a sense of victimhood and entitlement.
  • Critique of self-esteem politics: Lasch argues that therapeutic politics often fail to address deeper social problems and may foster cynicism and dependency.

How does The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch address the crisis in higher education?

  • Gentrification and inequality: Elite universities have become increasingly exclusive, with affluent homogeneity masking claims of diversity.
  • Decline of liberal education: Most students focus on practical subjects, undermining the traditional mission of liberal education and exposure to history, philosophy, and literature.
  • Academic pseudo-radicalism: Lasch critiques academic jargon and radical discourse that alienate the public and weaken social criticism.

What role do religion and shame play in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy by Christopher Lasch?

  • Religion’s decline: Lasch discusses the secularization of public life and the marginalization of religion, especially among elites.
  • Shame’s moral function: Shame historically contributed to moral and social order, but therapeutic culture seeks to eliminate it, replacing it with self-esteem.
  • Cultural consequences: The loss of shame and religious moral frameworks contributes to a culture of shamelessness, irreverence, and the erosion of social norms essential for democracy.

What are the differences between populism and communitarianism in Christopher Lasch’s analysis in The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy?

  • Populism’s focus: Populism emphasizes respect, individual responsibility, and accountability, rejecting both deference to elites and pity for the disadvantaged.
  • Communitarianism’s emphasis: Communitarianism stresses social responsibility and community ties, often endorsing welfare state policies and the ideology of compassion.
  • Political consequences: Lasch prefers populism for its insistence on mutual respect and responsibility, warning that communitarianism’s compassion can lead to double standards and undermine democratic competence.

À propos de l'auteur

Christopher Lasch était un historien et critique social américain, reconnu pour son analyse pénétrante de la culture et de la société américaines. Né en 1932, il enseigna l’histoire à l’Université de Rochester et signa plusieurs ouvrages majeurs. L’évolution de sa pensée le conduisit d’un néo-marxisme initial à un mélange singulier de conservatisme culturel et de critique du capitalisme. Il s’attacha à décrypter des thèmes tels que le consumérisme, le narcissisme, ainsi que l’érosion des liens familiaux et communautaires. Sa vision du féminisme et du progrès se révéla nuancée : il défendait l’égalité tout en dénonçant certains aspects de l’idéologie libérale. Ses derniers travaux s’intéressèrent aux enseignements que l’on pouvait tirer des mouvements populistes et artisanaux du passé.

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