Points clés
1. L’histoire économique américaine : un cycle de progrès hamiltonien et de régression jeffersonienne
Ce qui est positif dans l’économie américaine découle en grande partie de la tradition développementaliste hamiltonienne, tandis que ce qui est négatif provient essentiellement de l’école productiviste jeffersonienne.
Bataille idéologique. L’histoire économique des États-Unis est marquée par une lutte récurrente entre deux philosophies fondatrices : le développement hamiltonien et le productivisme jeffersonien. Alexander Hamilton défendait un gouvernement fédéral fort, promoteur actif de l’industrie, des infrastructures nationales et d’un système financier robuste, convaincu que cela favoriserait la puissance et la prospérité nationales. Thomas Jefferson, en revanche, prônait un État fédéral limité, privilégiant les intérêts agricoles, les petits producteurs et les droits des États, souvent méfiant envers les grandes entreprises et la finance.
Progrès contre stagnation. L’ouvrage soutient que les périodes de progrès et de vigueur économique américaine ont toujours été alignées sur les principes hamiltoniens, où gouvernement et entreprises privées collaborent pour le développement national. À l’inverse, les époques dominées par l’anti-étatisme jeffersonien et une économie locale à petite échelle ont souvent conduit à la stagnation, au sous-investissement et à la vulnérabilité. Cette tension idéologique a façonné chaque grand débat économique de l’histoire américaine.
Un schéma récurrent. Ce conflit idéologique n’est pas figé ; il suit un cycle. Après des phases de croissance hamiltonienne, une réaction jeffersonienne émerge souvent, idéalisant un passé plus simple et à plus petite échelle. Ce schéma s’observe depuis l’époque d’Andrew Jackson jusqu’au populisme de William Jennings Bryan, et plus récemment dans les politiques de Ronald Reagan, menant fréquemment à un désalignement économique avant qu’une nouvelle crise n’impose un retour à des approches plus interventionnistes, hamiltoniennes.
2. Les révolutions industrielles, moteurs de transformation sociale et de réalignement politique
Quel lien, s’il en existe un, entre les révolutions industrielles successives et les républiques américaines successives ?
Vagues technologiques. L’histoire américaine est fondamentalement marquée par des révolutions industrielles successives, chacune introduisant des « technologies à usage général » radicalement nouvelles qui transforment l’économie et la société. Le livre identifie trois grandes vagues :
- Première révolution industrielle (fin XVIIIe siècle) : centrée sur la machine à vapeur.
- Deuxième révolution industrielle (fin XIXe siècle) : portée par l’électricité, l’automobile et les industries chimiques scientifiques.
- Troisième révolution industrielle (milieu-fin XXe siècle) : axée sur l’informatique et les technologies de l’information.
Retard politique. Un décalage important, souvent d’une ou deux générations, sépare l’invention de ces technologies de leur adoption massive, qui révolutionne alors l’économie et la société. Ce décalage crée un désalignement croissant entre une société en rapide évolution et des institutions politiques et juridiques souvent dépassées.
Crise et renaissance. Ce désalignement aboutit finalement à une crise profonde — comme la Révolution américaine, la Guerre de Sécession ou la Grande Dépression. Ces crises agissent comme des catalyseurs, provoquant l’effondrement de l’ancien ordre politique et la construction d’une nouvelle « république américaine » (un régime informel) adaptée aux exigences de la dernière ère technologique.
3. C’est le gouvernement, non le laissez-faire, qui a bâti la puissance industrielle américaine
L’économie américaine, comme la république américaine, existe pour servir le peuple américain, et non l’inverse.
Rôle actif de l’État. Contrairement aux récits populaires de pur laissez-faire, le gouvernement américain a toujours joué un rôle crucial et actif dans le développement économique. Dès la fondation de la nation, les décideurs comprenaient que la force économique était indissociable de la sécurité nationale et de l’indépendance. Cela impliquait :
- Promouvoir l’industrie : par des tarifs douaniers, des subventions et des investissements directs.
- Construire des infrastructures : canaux, chemins de fer, routes et réseaux électriques.
- Financer l’innovation : commandes militaires, laboratoires de recherche et subventions universitaires.
La vision d’Hamilton. Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor, a posé les bases de cet État développemental. Il prônait des politiques fédérales pour encourager la fabrication, établir une banque nationale et financer le crédit public, reconnaissant qu’un gouvernement central fort était essentiel à la croissance économique et à la cohésion nationale. Sa vision constituait un défi direct à la suprématie industrielle britannique.
Au-delà du génie individuel. Avec le progrès technologique, l’échelle de l’innovation a évolué, passant des inventeurs isolés à la recherche organisée. Dès la deuxième révolution industrielle, des laboratoires d’entreprise ont vu le jour, et à la troisième, d’immenses efforts de R&D financés par l’État (comme le projet Manhattan et l’ARPA) sont devenus indispensables, démontrant que les avancées technologiques complexes nécessitent souvent des entreprises collectives soutenues par l’État.
4. La première république : eau, vent et les germes de la division
Au commencement, il n’y avait pas d’économie américaine, seulement l’économie impériale britannique.
Dépendance coloniale. L’économie américaine naissante n’était pas une entité unifiée, mais un ensemble de colonies britanniques conçues pour servir les intérêts mercantilistes de l’Empire britannique. Les colonies fournissaient principalement des matières premières et des marchés captifs pour les produits manufacturés britanniques, avec des politiques réprimant activement la fabrication coloniale. Cette subordination économique fut une des causes majeures de la Révolution américaine.
Limites préindustrielles. L’économie américaine naissante était largement préindustrielle, reposant sur la force humaine, animale, hydraulique et éolienne. La richesse se concentrait chez les propriétaires terriens et les marchands de produits de luxe, tandis que la majorité de la population pratiquait une agriculture de subsistance. Cette situation limitait la croissance économique et renforçait la vision jeffersonienne d’une république agraire, car l’industrialisation semblait synonyme d’exploitation.
Construction précoce de la nation. Après l’indépendance, des figures comme Robert Morris et Alexander Hamilton œuvrèrent à établir un gouvernement fédéral compétent et une économie capitaliste dynamique. Les plans financiers d’Hamilton — prise en charge fédérale des dettes des États, banque nationale, tarifs douaniers — visaient à stabiliser la jeune nation et à poser les fondations du développement industriel, malgré l’opposition des intérêts agraires.
5. La deuxième république : vapeur, acier et triomphe de l’industrialisation
La première république des États-Unis reposait sur l’eau et fut minée par la vapeur.
Transformation par la vapeur. La première révolution industrielle, portée par la machine à vapeur de James Watt, commença à transformer l’Amérique dans les années 1830. La vapeur révolutionna la fabrication, remplaçant les roues hydrauliques, et améliora considérablement les transports grâce aux bateaux à vapeur et aux chemins de fer. Cette technologie permit la création d’une nation continentale, reliant régions et marchés éloignés.
Le système américain de Clay. Henry Clay défendait un « système américain » complet pour favoriser le capitalisme industriel :
- Tarifs protecteurs : pour protéger les industries américaines naissantes de la concurrence britannique.
- Améliorations internes : canaux et chemins de fer financés par le gouvernement fédéral pour intégrer le marché national.
- Banque nationale : pour stabiliser la finance et fournir du crédit au développement.
Cette vision fut cependant vivement contestée par Andrew Jackson et ses alliés jeffersoniens, qui démantelèrent la banque nationale et bloquèrent les projets d’infrastructures fédérales, conduisant à un développement souvent chaotique, piloté par les États.
Racines économiques de la guerre civile. L’industrialisation du Nord et la spécialisation du Sud dans le coton récolté par des esclaves pour les usines britanniques créèrent des systèmes économiques et sociaux divergents. Le Sud, dépendant du « roi coton », résistait au pouvoir fédéral susceptible de menacer l’esclavage ou le développement industriel. La guerre civile fut en définitive un affrontement entre ces deux visions économiques, la supériorité manufacturière et financière du Nord industriel s’avérant décisive.
6. L’ère du moteur : électricité, automobiles et essor des géants corporatifs
La plus grande invention du XIXe siècle fut la méthode même de l’invention.
Deuxième révolution industrielle. La fin du XIXe et le début du XXe siècle virent l’essor de la deuxième révolution industrielle, caractérisée par :
- L’électricité : le système de production et distribution de Thomas Edison, et le courant alternatif de Nikola Tesla, révolutionnèrent l’éclairage et la production en usine.
- Le moteur à combustion interne : les innovations de Gottlieb Daimler et Karl Benz donnèrent naissance à l’automobile, transformant les transports et créant de nouvelles industries (pétrole, caoutchouc, routes).
- La R&D scientifique : la « méthode de l’invention » passa des génies solitaires aux laboratoires de recherche d’entreprise (General Electric, Bell Labs), intégrant la science directement dans l’innovation industrielle.
Montée des géants corporatifs. Ces nouvelles technologies, combinées à l’expansion des marchés nationaux (grâce aux chemins de fer et télégraphes), favorisèrent la croissance de gigantesques entreprises. La « grande vague de fusions » (1895-1904) vit des milliers de firmes se regrouper en entités puissantes comme U.S. Steel et Standard Oil, souvent facilitées par des banques d’investissement telles que celle de J.P. Morgan, qui joua un rôle crucial dans le financement et l’organisation de ces mastodontes industriels.
Réponses progressistes. L’émergence de ces « monstres corporatifs » mit au défi l’ordre politique existant. Les progressistes débattirent des moyens de gérer cette nouvelle échelle de pouvoir économique :
- Nouveau nationalisme (Theodore Roosevelt) : plaidait pour une régulation fédérale des grandes entreprises efficaces (« bons trusts ») plutôt que leur démantèlement.
- Nouvelle liberté (Woodrow Wilson, Louis Brandeis) : craignait « la malédiction de la taille » et cherchait à utiliser les lois antitrust pour protéger les petites entreprises et décentraliser le pouvoir économique, blâmant souvent les banquiers new-yorkais pour la concentration corporative.
7. Le New Deal : réaligner économie et société pour l’ère du moteur
De la crise naquit la république économique américaine telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Causes de la Grande Dépression. Le krach boursier de 1929 et la Grande Dépression qui suivit révélèrent des failles structurelles profondes dans l’économie américaine, notamment :
- Inégalités de revenus : les gains de productivité profitèrent disproportionnellement aux riches, entraînant une sous-consommation des masses.
- Déséquilibres mondiaux : les États-Unis, en tant que grande nation créancière, maintenaient des tarifs élevés, entravant la capacité des débiteurs à exporter et rembourser.
- Instabilité financière : un système bancaire fragmenté et des excès spéculatifs provoquèrent de nombreuses faillites bancaires.
Réponse initiale de Hoover. Le président Herbert Hoover, malgré la perception populaire, initia une intervention gouvernementale significative, incluant baisses d’impôts, travaux publics et la Reconstruction Finance Corporation (RFC). Cependant, son attachement à l’étalon-or et ses tentatives prématurées d’équilibrer le budget, couplés à un manque de leadership inspirant la confiance publique, furent insuffisants pour enrayer la crise.
Le New Deal transformateur de Roosevelt. Franklin D. Roosevelt remodela profondément le capitalisme américain :
- Réforme financière : abandon de l’étalon-or, création de l’assurance-dépôts (FDIC) et séparation des banques commerciales et d’investissement (Glass-Steagall), stabilisant le système financier.
- Relance économique : recours à la dépense déficitaire (quoique inconstante) et vastes programmes de travaux publics (WPA, CCC) pour créer des emplois et stimuler la demande.
- Politique industrielle et sociale : instauration de salaires minimums (FLSA), reconnaissance des syndicats (Wagner Act) et création de « mini-NIRA » dans des secteurs clés, favorisant une répartition plus équilibrée des richesses et du pouvoir.
8. Les Trente Glorieuses : un âge d’or de prospérité partagée et de capitalisme régulé
L’économie américaine entre les années 1940 et 1970 fut une version de l’économie associationniste imaginée par les progressistes des années 1900, incarnée successivement par les agences de mobilisation économique de la Première Guerre mondiale, l’association volontaire promue par Herbert Hoover dans les années 1920, et la NIRA de Franklin Roosevelt ainsi que ses petites déclinaisons.
Accord d’après-guerre. La période de 1946 à 1975, souvent appelée les « Trente Glorieuses », connut une croissance économique sans précédent et l’expansion d’une classe moyenne de masse aux États-Unis et dans d’autres démocraties occidentales. Cette ère se caractérisa par une « économie mixte » mêlant entreprise privée, régulation gouvernementale importante, redistribution et protection sociale.
NIRA virtuelle. L’esprit du New Deal, fondé sur la coopération gouvernement-entreprises-travailleurs, bien que pas toujours formalisé, structura une grande partie de l’économie d’après-guerre. Ses traits principaux comprenaient :
- Industries régulées : services publics, transports (compagnies aériennes, chemins de fer, camions) et télécommunications fonctionnaient comme des cartels ou monopoles régulés.
- Fabrication oligopolistique : des firmes dominantes comme GM et U.S. Steel, souvent dotées de syndicats puissants, fixaient les standards salariaux et sociaux.
- Filet social : sécurité sociale, assurance chômage et aides sociales assuraient une protection essentielle.
Infrastructures et décentralisation. D’importants investissements fédéraux dans les infrastructures, tels que le réseau autoroutier inter-États et l’électrification rurale, achevèrent la transformation du paysage amorcée par la deuxième révolution industrielle. Cela permit la décentralisation de l’industrie et de la population, favorisant la croissance des banlieues et intégrant des régions jusque-là sous-développées comme le Sud dans l’économie nationale.
9. Le grand démantèlement : dérégulation, financiarisation et montée des inégalités
Dans la crise actuelle, le gouvernement n’est pas la solution à notre problème ; le gouvernement est le problème.
Fin de l’âge d’or. Les années 1970 marquèrent la fin de la prospérité d’après-guerre, caractérisée par la stagflation (croissance faible et inflation élevée) et des crises géopolitiques. Cela éroda la confiance publique dans l’ordre du New Deal et alimenta un retour conservateur, incarné par la déclaration de Ronald Reagan selon laquelle « le gouvernement est le problème ».
Vague de dérégulation. À partir de l’administration Carter et s’accélérant sous Reagan, un « grand démantèlement » des régulations du New Deal eut lieu dans divers secteurs :
- Finance : abrogation de Glass-Steagall et levée des restrictions sur les activités bancaires, conduisant à l’émergence de mégabanques « trop grosses pour faire faillite ».
- Transports : dérégulation des compagnies aériennes, ferroviaires et routières, souvent synonyme de concentration et d’instabilité.
- Télécommunications : démantèlement du monopole d’AT&T, favorisant la concurrence mais brouillant aussi les frontières sectorielles.
Financiarisation et inégalités. Cette époque vit un passage du capitalisme managérial au « capitalisme financier », où les intérêts à court terme de Wall Street dictaient de plus en plus la stratégie des entreprises. Cela entraîna :
- Délocalisations et désindustrialisation : déclin de la fabrication américaine au profit de pays à bas salaires.
- Déclin syndical : la dérégulation et les politiques anti-syndicales affaiblirent le travail organisé, contribuant à la stagnation des salaires.
- Montée des inégalités : baisses d’impôts pour les riches, stock-options pour les dirigeants et essor du secteur financier concentrèrent dramatiquement la richesse, rappelant l’ère pré-1929.
10. L’ère de l’information : innovation soutenue par l’État et déséquilibres mondiaux
Aujourd’hui, il est plus vrai que jamais que la recherche fondamentale est le moteur du progrès technologique.
Origines de la troisième révolution industrielle. L’ère de l’information, portée par l’ordinateur et Internet, naquit de recherches massivement financées par l’État pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Les innovations clés comprenaient :
- Énergie atomique : le projet Manhattan.
- Réacteurs à réaction : développés avec le soutien militaire.
- Ordinateurs : des premiers dispositifs électromécaniques à l’ENIAC, financés par l’armée, et la domination des mainframes IBM, souvent liés à des contrats de défense comme SAGE.
- Internet : ARPANET, conçu par l’ARPA, posa les bases des réseaux de communication mondiaux.
Infrastructures de la mondialisation. De nouvelles technologies comme les porte-conteneurs, les avions cargo et les satellites, combinées à la gestion informatisée, permirent l’essor des réseaux de production mondiaux. Le commerce international se transforma en production transnationale, les multinationales orchestrant des chaînes d’approvisionnement complexes à travers les continents.
Bretton Woods II et déséquilibres. L’économie mondiale d’après-guerre froide, surnommée « Bretton Woods II », vit les nations mercantilistes d’Asie de l’Est (Japon, Chine) maintenir des monnaies sous-évaluées et des stratégies de croissance axées sur l’exportation. Cela engendra :
- Déficits commerciaux chroniques américains : les consommateurs américains, alimentés par la dette, absorbèrent les exportations mondiales.
- Accumulation d’actifs en dollars : les pays excédentaires recyclèrent leurs gains dans la dette américaine, maintenant les taux d’intérêt bas et alimentant des bulles d’actifs aux États-Unis.
Ce système insoutenable, marqué par des déséquilibres mondiaux extrêmes et une montée des inégalités, culmina finalement dans la crise financière mondiale de 2008.
11. La prochaine économie américaine : appel à un nouveau système hamiltonien
L’histoire de l’appareil productif est une histoire de révolutions. Il en va de même pour l’histoire des transports, de la diligence à l’avion… Ce processus de destruction créatrice est le fait essentiel du capitalisme.
Défis post-récession. La Grande Récession, bien que contenue par l’intervention gouvernementale, révéla la fragilité d’une économie dérégulée et financiarisée. Les États-Unis font face à un chômage de masse persistant, à l’endettement des ménages et à un système politique paralysé par un blocage idéologique, notamment une peur irrationnelle du « grand gouvernement » chez l’un de ses principaux partis.
Rééquilibrer l’économie mondiale. Le modèle précédent, fondé sur la consommation américaine financée par la dette pour soutenir la croissance mondiale, est insoutenable. Un nouvel équilibre global nécessite :
- Réduction des déficits commerciaux américains : par la reconstruction de la fabrication nationale et éventuellement l’ajustement des taux de change.
- Augmentation de la demande intérieure dans les pays excédentaires : la Chine et d’autres doivent passer d’une croissance tirée par l’investissement à une croissance tirée par les salaires.
- Politiques industrielles coordonnées : pour éviter les guerres commerciales « à l’appauvrissement du voisin » et garantir le maintien d’industries stratégiques.
Un nouveau système américain. Les États-Unis ont besoin d’une stratégie économique néo-hamiltonienne sophistiquée, articulée autour de quatre axes clés :
- Politique d’innovation : banques fédérales de R&D pour financer la recherche fondamentale, remplaçant la dépendance aux dépenses militaires.
- Politique industrielle : reconstruction de la capacité industrielle nationale pour la sécurité et les chaînes d’approvisionnement mondiales à forte valeur ajoutée, utilisant propriété publique, incitations fiscales et tarifs douaniers.
- Politique d’infrastructures : investissements importants pour entretenir et moderniser les infrastructures existantes, développer de nouveaux systèmes de transport automatisé et de télétravail, financés par des banques fédérales d’infrastructures.
- Politique financière : réforme du système dysfonctionnel en cloisonnant la banque casino de la banque utilitaire, relance possible des caisses d’épargne postales, et instauration d’une taxe sur les transactions financières pour freiner la spéculation.
Reconstruire la classe moyenne. Au-delà de la productivité, les gains de croissance doivent être largement partagés. Cela implique :
- Fordisme dans les services : garantir des salaires et avantages élevés pour les travailleurs des services, comparables à ceux des ouvriers industriels du milieu du XXe siècle.
- Renforcement du filet social : extension des programmes universels d’assurance sociale (Sécurité sociale, Medicare) et réduction de la dépendance aux avantages liés à l’emploi ou aux crédits d’impôt inefficaces.
- Réforme de l’immigration : passage d’une immigration basée sur la famille à une immigration fondée sur les compétences, pour attirer les talents et éviter la dépression des salaires des travailleurs natifs peu qualifiés.
Résumé des avis
Land of Promise, écrit par Michael Lind, retrace l’histoire économique des États-Unis à travers les révolutions technologiques, soutenant que l’intervention gouvernementale a été le moteur de la prospérité. Les critiques saluent l’ampleur de son propos et la structure opposant Hamilton à Jefferson, bien que beaucoup déplorent une organisation inégale, passant d’un sujet à l’autre par de courtes vignettes. Les lecteurs apprécient la perspective économique axée sur la demande ainsi que les éclairages historiques, tout en notant une tendance marquée à gauche, favorisant la régulation et l’implication de l’État. Certains jugent l’ouvrage sec et proche d’un manuel, tandis que d’autres en valorisent la synthèse accessible, reliant les bouleversements économiques aux transformations politiques, un éclairage particulièrement pertinent face aux débats actuels sur l’industrie manufacturière, l’immigration et la classe moyenne.
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