Points clés
1. Le rêve de l’immigrant : sacrifice et amour inconditionnel
Nos histoires ne font qu’une, nos destins à jamais liés et définis par notre sueur, notre sacrifice et notre dévouement sans faille à défier les obstacles pour accomplir l’impossible.
Le parcours d’une famille. L’histoire de Simu Liu débute à Harbin, en Chine, où il a passé ses quatre ans et demi avec ses grands-parents paternels, Yéye et Năinai. Ses parents, Zhenning et Zheng, l’avaient confié bébé à leurs parents pour poursuivre des doctorats au Canada, animés par le rêve d’une vie meilleure et d’une stabilité financière pour leur future famille. Cette séparation, bien que douloureuse, était un sacrifice réfléchi, convaincus que Simu serait mieux entouré auprès de ses grands-parents.
L’affection des grands-parents. L’enfance de Simu à Harbin fut emplie d’amour et de joies simples, malgré des conditions modestes. Sa Năinai, ancienne pédiatre, veillait sur sa santé et son bien-être, tandis que son Yéye, professeur de chimie à la retraite, lui enseignait la vie et cultivait son goût du savoir. Ils lui offraient un amour inconditionnel, contraste saisissant avec les difficultés ultérieures avec ses parents.
- Yéye lui apprenait la frugalité et les bonnes manières.
- Năinai veillait à ce qu’il soit toujours bien emmitouflé contre le froid.
- Ils lui inculquaient l’importance de tenir parole.
La quête acharnée des parents. Les parents de Simu, issus de la légendaire « promotion 77 » chinoise qui avait défié les pronostics pour accéder à l’université après la Révolution culturelle, étaient animés d’une ambition inflexible. Ils ont surmonté la distance, les obstacles administratifs et les difficultés financières pour obtenir des bourses en Amérique du Nord, qu’ils voyaient comme une terre d’opportunités. Leur décision d’avoir Simu, malgré les défis, visait à renforcer leur lien familial, même si cela impliquait de le laisser temporairement derrière eux.
2. Attentes parentales et effritement de la confiance
Ce jour-là, à cause de ces huit mots que je ne pouvais plus me rappeler, ma confiance en mes parents s’est brisée.
Une nouvelle unité familiale. Arrivé au Canada à quatre ans, Simu découvre une vie nouvelle auprès de ses parents à Kingston. Si l’accueil fut d’abord positif, l’adaptation à cette nouvelle cellule familiale s’avéra difficile. Ses parents, désormais responsables à plein temps, peinaient à répondre aux exigences parentales, ce qui engendra des moments de négligence et une pression croissante sur la réussite scolaire.
- Simu était laissé seul à la garderie, sans comprendre l’anglais.
- Sa mère l’a accidentellement laissé seul à la maison en hiver.
- Les frais élevés de garderie et de loyer accentuaient la pression financière.
Le poids des attentes. À l’approche du CP, Simu ressentait le poids immense des attentes parentales. Leur bonheur semblait conditionné à ses résultats scolaires, le poussant à exceller en mathématiques et en langues. Cette pression, conjuguée à des critiques sévères et à des punitions corporelles, engendra chez lui peur et ressentiment, remplaçant l’amour inconditionnel qu’il avait connu chez ses grands-parents.
- Ses parents le forçaient à manger des sardines pour devenir plus intelligent.
- Il était traité de « stupide » ou « inutile » en cas de désobéissance.
- Son père enregistrait en secret sa mère en train de le gronder.
Confiance brisée. Un moment clé survint lorsque Simu, après avoir avoué un mensonge à son père, fut enfermé dehors par sa mère, malgré la promesse de confidentialité de son père. Ce geste de trahison lui apprit que ses parents n’étaient pas dignes de confiance et que l’honnêteté ne serait pas récompensée. Il comprit qu’il devait à tout prix les satisfaire, sous peine de subir leur colère, ce qui modifia profondément son comportement et creusa un fossé émotionnel.
3. Rébellion, quête de soi et recherche du « cool »
Mes priorités ont changé à mesure que ma voix s’est épaissie et que mon corps a changé. Plus que de vouloir être un génie ou rendre mes parents fiers, je voulais désormais être cool.
La quête du cool. À l’adolescence, l’attention de Simu se détourna de l’excellence scolaire pour se concentrer sur l’acceptation sociale et la popularité. Il se sentait comme un nerd exclu, constamment moqué et dépassé par les références culturelles populaires. Ce désir d’être « cool » le poussa à se rebeller contre la rigueur académique parentale et leurs valeurs traditionnelles.
- Il voulait ressembler à Thomas MacDonald, le héros charmant.
- Il aspirait à l’admiration des filles, comme Jackie D.
- Il se sentait prisonnier d’une vie qu’il ne voulait plus.
Choc des valeurs. Inquiets de la baisse de ses notes et de sa rébellion, ses parents considéraient ses centres d’intérêt comme des distractions inutiles. Les disputes s’intensifièrent, souvent ponctuées de violences physiques et d’insultes, creusant davantage le fossé entre eux. Simu, de son côté, développa une habitude de répliquer, voyant ses parents comme des adversaires plutôt que des protecteurs.
- Ses parents le traitaient de « gamin gâté » et de « raté ».
- Les disputes se terminaient souvent par des gifles.
- Il était constamment comparé aux « bons élèves » comme Amy et Cheryl.
À la recherche de liberté. Ce conflit permanent poussa Simu à chercher son indépendance. Il trouva refuge dans les activités extrascolaires comme le sport et la danse, et finit par fuguer plusieurs nuits. Cette période tumultueuse fut un tournant où il comprit qu’il devait s’affranchir du contrôle parental pour trouver son propre bonheur et sens.
- Il manquait volontairement des trains pour rentrer plus tard.
- Il resta cinq nuits chez des amis, sans ressentir le mal du pays.
- Il décida de devenir autonome pour échapper à leur emprise.
4. L’illusion du succès conventionnel
Je pensais que cela me rendait plus intelligent qu’eux, mais c’était tout le contraire.
Un virage stratégique. En terminale, Simu abandonna les sciences pour se concentrer sur l’anglais, l’art et les mathématiques, où il excellait. Il choisit des études en commerce et économie, non par passion, mais comme voie pragmatique vers l’indépendance financière et la distance avec ses parents. Cette décision, bien que couronnée de succès apparent, était motivée par une validation extérieure plutôt que par un réel intérêt.
- Il visa la Western University, une école de commerce réputée, pour sa distance géographique.
- Il considérait l’économie comme un moyen de gagner de l’argent et de s’échapper.
- Ses parents furent fiers de son admission, comblant momentanément leur fossé.
La façade de l’école festive. Western University, connue pour sa vie étudiante animée, offrait à Simu la liberté qu’il désirait. Il s’investit dans les clubs culturels et l’équipe de hip-hop, où il trouva communauté et reconnaissance. Malgré son succès au concours « Superfrosh », son engagement académique chuta, au profit des activités sociales et artistiques.
- Il remporta le concours de talents « Superfrosh » avec des acrobaties et du chant.
- Il rejoignit les clubs CAISA, CSA et VSA, s’épanouissant dans la culture asiatique.
- Hip Hop Western devint une passion majeure.
Une victoire creuse. Ses résultats scolaires déclinèrent au point de presque compromettre son admission à la prestigieuse Ivey School of Business. Il simula une blessure pour obtenir une certaine indulgence, illustrant son habileté croissante à « jouer le système » plutôt qu’à fournir un réel effort. Son stage d’été chez Weston Bakeries, bien qu’éclairant sur le marketing, confirma son désintérêt pour le commerce traditionnel, mais il poursuivit la comptabilité pour satisfaire ses parents.
- Sa moyenne tomba à 78,5 %, sous le seuil des 80 % exigés par Ivey.
- Il rédigea un « essai déchirant » sur une entorse à la cheville.
- Il choisit la comptabilité, une « carrière sûre », pour faire plaisir à ses parents.
5. Le fond du gouffre : catalyseur d’un nouveau chemin
J’ai vu la vie pour laquelle j’avais travaillé vingt-deux ans s’effondrer devant moi.
Un mauvais choix. Le poste de comptable chez Deloitte ne correspondait pas du tout à la personnalité de Simu. ENFP libre d’esprit, il trouvait ce travail minutieux et structuré d’un ennui mortel, se sentant « idiot » face à ses tableaux truffés d’erreurs. Ce mal-être quotidien le plongea dans une profonde dépression et le fit remettre en question toute la valeur de ce secteur.
- Il trouvait les rapprochements bancaires et les paies insupportablement monotones.
- Son cerveau « n’était pas fait pour le détail ».
- Il s’interrogeait sans cesse sur l’utilité de compter l’argent des riches.
Une fuite désespérée. En quête d’évasion, Simu tomba sur une annonce Craigslist pour des « figurants asiatiques » dans un film hollywoodien. Cette opportunité apparemment anodine, pour le blockbuster Pacific Rim, alluma une étincelle en lui. Malgré le faible salaire et le froid, l’énergie vibrante du plateau contrastait avec la monotonie de son bureau.
- Il simula une maladie pour prendre un jour de congé pour le tournage.
- Il fut peint en bleu pour une scène de sang de monstre.
- Il se sentit plus vivant sur le plateau que durant toute sa vie académique et professionnelle.
La chute inévitable. Son manque d’assiduité et ses absences inexpliquées chez Deloitte conduisirent à son licenciement. Ce moment, bien que humiliant, fut un tournant majeur. La vie rêvée par ses parents, bâtie sur des années de sacrifices et d’attentes, s’effondra. Il se sentit « imposteur » ayant gaspillé leur investissement, mais aussi libéré d’un chemin qu’il détestait.
- Il fut renvoyé après huit mois, ayant échoué à son examen CKE.
- Ses parents avaient investi plus de 250 000 $ dans son éducation.
- Il avait avancé l’acompte de son condo.
6. La lutte d’un artiste affamé
J’étais une personne de couleur dans un paysage pré-Black Panther et Crazy Rich Asians, et je n’avais rien de spécial physiquement ; mon éthique de travail était mon seul atout, ma sauce secrète.
Embrasser l’inconnu. Après son licenciement, Simu se consacra pleinement au métier d’acteur, d’abord comme un « projet ludique » pour surmonter son épuisement. Il saisit toutes les opportunités, des courts-métrages indépendants aux stéréotypes raciaux douteux, en passant par le mannequinat pour photos de stock, mû par un besoin désespéré de reconnaissance et le désir de se prouver.
- Il joua « Yakusa Koto », un mafieux japonais stéréotypé, dans Bike Cop Begins.
- Il posa pour des photos de stock, figurant sur la couverture d’un manuel de comptabilité.
- Il fut escroqué par un « directeur de casting » pour un faux permis SAG.
Premiers succès. Malgré de nombreux échecs embarrassants, sa persévérance porta ses fruits. Il décrocha ses premiers rôles légitimes : une publicité pour une entreprise de télécommunications et un rôle parlant dans Nikita sur The CW. Ces petites victoires lui apportèrent la validation extérieure qu’il cherchait et confirmèrent sa décision d’abandonner la comptabilité pour le théâtre.
- Il obtint une pub Gillette, mais se trompa dans la direction de la caméra.
- Il fit la « pire audition de sa vie » pour un monologue dramatique.
- Il gagna plus de dix mille dollars en une semaine et demie grâce à trois rôles.
La lutte pour survivre. Le monde du spectacle s’avéra financièrement difficile. Simu rejoignit ACTRA, le syndicat canadien des acteurs, mais peinait à joindre les deux bouts, multipliant les petits boulots pour payer ses cours et ses dépenses. Il devint un « super-héros professionnel » pour les anniversaires d’enfants et un ambassadeur de marque, endurant des expériences humiliantes pour nourrir son rêve.
- Il joua Spider-Man lors d’anniversaires, subissant une agression physique d’un enfant.
- Il dansa dans des flash mobs pour des promotions de yaourts et de rugby.
- Un ancien collègue de Deloitte le reconnut en pleine performance de haka.
7. Trouver un sens dans la représentation asiatique
Mais en discutant avec Phil et ses amis, j’ai réalisé que je n’avais fait qu’effleurer ce que cela signifiait vraiment. Ce n’était pas seulement se voir reflété à l’écran, mais construire notre culture à travers nos expériences et réflexions partagées.
Une communauté bienveillante. Le parcours de Simu à Hollywood, d’abord marqué par l’isolement et le doute, se transforma grâce à la générosité inattendue de personnalités comme Ken Jeong. La gentillesse de Ken et sa volonté de créer du lien ouvrirent à Simu les portes de la communauté créative asiatique-américaine, où il trouva un sentiment d’appartenance et de but.
- Ken Jeong invita Simu sur le plateau de Dr. Ken et lui donna des conseils.
- Michelle Sugihara de CAPE le mit en relation avec des réseaux professionnels.
- Jeff Yang le présenta à Randall Park et au plateau de Fresh Off the Boat.
Le pouvoir d’une identité partagée. La rencontre avec Philip Wang de Wong Fu Productions fut décisive. Phil exprima l’idée de l’asiannité comme une « superpuissance », inspirant Simu à s’affirmer culturellement et à contribuer à des contenus authentiques sur les expériences diasporiques asiatiques. Cette prise de conscience déplaça son focus de l’ambition individuelle vers l’empowerment collectif.
- Phil Wang croyait que l’asiannité était un avantage.
- Simu rejoignit la web-série YAPPIE de Wong Fu.
- Il reconnut l’ADN commun aux diverses communautés asiatiques.
Lutte pour la visibilité. Simu devint un ardent défenseur de la représentation asiatique, conscient de l’invisibilité historique et de l’effacement des récits asiatiques dans les médias grand public. Il dénonça le racisme anti-asiatique, en retraçant ses racines dans des lois discriminatoires comme le Chinese Exclusion Act, et insista sur la nécessité de normaliser et célébrer la culture asiatique.
- Il écrivit une tribune pour Variety et tourna des spots de sensibilisation.
- Il intervint dans des universités et entreprises sur l’expérience immigrée et la fierté culturelle.
- Il souligna l’absence de représentation du bubble tea et du barbecue coréen dans les médias.
8. S’approprier son rêve et construire son destin
S’approprier un rêve, pour moi, repose sur deux piliers : le déclarer au monde et passer à l’action.
Réconciliation et évolution. La carrière d’acteur de Simu, notamment son rôle dans Blood and Water, devint un pont inattendu vers la réconciliation avec ses parents. Leur coaching minutieux pour ses dialogues en mandarin favorisa une nouvelle compréhension et une lueur de fierté, amorçant la guérison de leur relation fracturée. Cette expérience renforça son engagement envers le métier d’acteur.
- Ses parents le coachaient chaque soir sur ses répliques en mandarin.
- Le ton de son père traduisait une reconnaissance de ses efforts.
- Il sentit que la dynamique entre eux commençait à changer.
La débrouillardise multi-casquettes. Conscient des limites d’attendre les opportunités, Simu adopta une approche « multi-hyphenate ». Il produisit ses propres courts-métrages, comme Open Gym et Crimson Defender vs. The Slightly Racist Family, apprenant le cinéma de A à Z. Cette mentalité proactive, inspirée par des figures comme Jared de Machinima, lui permit de créer ses propres projets et chances.
- Il réalisa et produisit son premier court-métrage, Open Gym.
- Il écrivit Crimson Defender pour incarner un super-héros, malgré son scénario absurde.
- Il comprit l’importance de viser haut et de maîtriser son destin.
La percée. Son éthique de travail acharnée et ses compétences grandissantes aboutirent à une percée : un rôle régulier dans Blood and Water, suivi d’un rôle de cascadeur dans Heroes sur NBC, puis d’un premier rôle dans la pièce Banana Boys. Ces expériences variées affinèrent son art, lui apprirent la collaboration et confirmèrent qu’il était sur la bonne voie, malgré les difficultés financières et le désaccord parental.
- Il réalisa une cascade de salto arrière sur Heroes sans expérience préalable.
- Il joua dans Banana Boys, une pièce dédiée aux acteurs canadiens asiatiques.
- Il apprit à jouer avec nuance et sous-texte, dépassant les rôles stéréotypés.
9. Un rendez-vous avec le destin : le chemin inattendu vers la célébrité
Je n’avais aucune idée que 2019 marquerait le moment où ma vie serait irrémédiablement transformée, bouleversant à jamais le destin de ma famille et nous propulsant dans une stratosphère inimaginable.
Le chemin vers Hollywood. Malgré son succès grandissant au Canada, Simu savait qu’il devait conquérir le marché hollywoodien. Il constitua méticuleusement
Résumé des avis
We Were Dreamers est salué pour son portrait sincère de l’expérience d’immigrant de Simu Liu et de son parcours jusqu’à devenir Shang-Chi chez Marvel. Les lecteurs apprécient sa franchise lorsqu’il évoque les abus subis durant son enfance, les attentes parentales et les difficultés rencontrées dans sa carrière. Nombre d’entre eux recommandent la version audio, louant la narration captivante de Liu. Parmi les critiques récurrentes, on relève une certaine arrogance perçue, notamment dans les derniers chapitres, ainsi qu’un manque de réflexion approfondie sur sa réconciliation avec ses parents. Les lecteurs asiatiques, en particulier, se reconnaissent dans son vécu de fils d’immigrés, saluant son insistance sur la représentation dans les médias et la vulnérabilité avec laquelle il aborde les questions d’identité et d’attentes.