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L'invisibilité du traducteur

L'invisibilité du traducteur

une histoire de la traduction
par Lawrence Venuti 1994 368 pages
3.79
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Points clés

1. L’invisibilité du traducteur : une illusion culturelle dominante

Plus la traduction est fluide, plus le traducteur devient invisible, et, par conséquent, plus l’auteur ou le sens du texte étranger apparaissent visibles.

Définir l’invisibilité. L’« invisibilité » désigne le statut et l’activité du traducteur dans les cultures britanniques et américaines contemporaines, englobant deux phénomènes interdépendants : un effet illusionniste du discours, où la manipulation linguistique du traducteur rend le texte transparent, et une pratique de lecture dominante qui juge les traductions à l’aune de leur fluidité. Cette transparence donne l’impression que la personnalité de l’auteur étranger ou le sens essentiel du texte se reflètent directement, masquant ainsi la véritable nature de la traduction.

Occulter les conditions. Cette illusion dissimule les nombreuses conditions dans lesquelles une traduction est réalisée, à commencer par l’intervention cruciale du traducteur. Les lecteurs, souvent en quête exclusive de sens, réduisent les caractéristiques stylistiques au texte étranger, remettant en question toute utilisation linguistique qui entrave une communication apparemment sans heurts. Cela perpétue un cercle où les traductions fluides sont louées, tandis que les écarts sont condamnés comme du « traductionnisme ».

Marginaliser le traducteur. La primauté accordée à la fluidité renforce la marginalisation du traducteur, entraînant une reconnaissance minimale, une position juridique défavorable et une exploitation économique. Les éditeurs omettent fréquemment le nom du traducteur sur les couvertures et dans les publicités, et les contrats définissent souvent la traduction comme une « œuvre réalisée pour le compte d’autrui », privant le traducteur de ses droits sur son travail et limitant ses revenus à des forfaits fixes, indépendamment du succès du livre. Cette réalité économique contraint les traducteurs à travailler rapidement, limitant ainsi l’invention littéraire et la réflexion critique.

2. Le règne de la fluidité : masquer la domestication et la violence

Sous le régime de la traduction fluide, le traducteur s’efforce de rendre son travail « invisible », produisant l’illusion de transparence qui masque simultanément son caractère illusoire : le texte traduit semble « naturel », c’est-à-dire non traduit.

Caractéristiques de la fluidité. La traduction fluide se caractérise par le respect de l’usage courant, une syntaxe continue et un sens précis, rendant le texte immédiatement reconnaissable et intelligible. Elle évite le langage archaïque, le jargon spécialisé, les mots étrangers, voire les anglicismes britanniques dans les traductions américaines, visant une « uniformité en prose claire » qui privilégie la facilité de lecture. Cette approche garantit que la traduction paraît « naturelle » et non, en réalité, une traduction.

Imposition et domination culturelle. Ce régime de fluidité est imposé par les éditeurs, critiques et lecteurs, qui louent systématiquement les traductions « nettes », « élégantes » et « fluides », tout en critiquant celles jugées « rigides » ou « maladroites ». Cette valorisation d’un usage instrumental de la langue, motivée par le pouvoir économique et politique, réécrit les textes étrangers selon les valeurs anglophones. Elle efface efficacement le travail de domestication du traducteur, y compris à ses propres yeux, en présentant le texte étranger comme s’il avait été conçu à l’origine en anglais.

Déséquilibre commercial et xénophobie. La prévalence de la domestication fluide contribue à un déséquilibre commercial culturel majeur. Si l’anglais est la langue la plus traduite au monde, les traductions vers l’anglais représentent une part infime de la production annuelle de livres. Ce déséquilibre permet aux éditeurs britanniques et américains de tirer des bénéfices financiers en imposant globalement les valeurs culturelles anglophones, favorisant chez eux des cultures agressivement monolingues, peu réceptives aux littératures étrangères et habituées à une expérience narcissique de reconnaissance de leur propre culture dans l’autre.

3. La traduction comme appropriation culturelle : une violence inévitable

La traduction est le remplacement forcé des différences linguistiques et culturelles du texte étranger par un texte intelligible au lecteur de la langue cible.

Violence inhérente. La traduction est un processus intrinsèquement violent, non pas au sens métaphorique, mais littéralement causant un « dommage » ou un « abus » au texte étranger. Elle exige l’élimination d’aspects de la chaîne signifiante originale, tels que les traits grapho-acoustiques, ainsi que le démantèlement et la réorganisation de cette chaîne pour s’adapter aux différences structurelles entre langues. Le texte étranger et ses relations culturelles ne restent jamais intacts après traduction.

Réduction et exclusion. Ce processus implique inévitablement une réduction et une exclusion de possibilités du texte source, accompagnées d’un gain exorbitant de possibilités propres à la langue cible. Toute différence que la traduction véhicule est marquée par la culture réceptrice, assimilée à ses positions d’intelligibilité, ses canons, tabous, codes et idéologies. L’objectif est de rendre l’autre culturel reconnaissable, familier, voire identique, au risque d’une domestication totale.

Conséquences culturelles et politiques. Les effets violents de la traduction s’étendent tant au niveau national qu’international. Elle exerce un pouvoir immense dans la construction d’identités pour les cultures étrangères, pouvant contribuer à la discrimination ethnique, au colonialisme et aux conflits géopolitiques. Sur le plan national, la traduction mobilise les textes étrangers pour maintenir ou réviser les canons littéraires et les paradigmes conceptuels dominants, en faisant une pratique culturelle et politique qui affirme ou transgresse les valeurs discursives et les limites institutionnelles.

4. L’étrangisation : l’alternative ethnodéviante de Schleiermacher

Soit le traducteur laisse l’auteur en paix autant que possible et rapproche le lecteur de lui ; soit il laisse le lecteur en paix autant que possible et rapproche l’auteur de lui.

Le binaire de Schleiermacher. En 1813, Friedrich Schleiermacher proposa deux méthodes fondamentales de traduction : soit le traducteur rapproche le lecteur de l’auteur (étrangisation), soit il rapproche l’auteur du lecteur (domestication). Il privilégia l’étrangisation, prônant une pratique qui fait de la traduction un lieu où se manifeste un autre culturel, même si cette altérité est toujours médiée par la langue cible.

Signifier la différence. La traduction étrangisante vise à signifier les différences linguistiques et culturelles du texte étranger en perturbant les codes culturels dominants dans la langue cible. Cela implique de s’écarter des normes natives pour créer une « expérience de lecture étrangère », par exemple en choisissant des textes étrangers exclus des canons littéraires récepteurs ou en employant des discours marginaux dans la traduction elle-même. Elle cherche à contenir la violence ethnocentrique inhérente à la traduction.

Contexte nationaliste et critique. La théorie de Schleiermacher, bien qu’en faveur de la différence culturelle, s’inscrivait dans un agenda nationaliste prussien visant à enrichir la langue et la culture allemandes. Il considérait l’étrangisation comme un moyen pour une élite allemande cultivée de développer une littérature nationale et d’atteindre une domination culturelle mondiale. Malgré ses fondements idéologiques problématiques, son travail offre un cadre pour comprendre comment la traduction peut contester les valeurs dominantes et promouvoir le changement culturel en agissant sur la langue cible.

5. Remettre en cause le canon : la controverse Newman-Arnold

Pourquoi les vers de M. Newman sont-ils fautifs ? Ils le sont d’abord parce que, du point de vue de la diction, les expressions « O gentle friend », « eld », « in sooth », « hefty », « advance », « man-ennobling », « sith », « any-gait » et « sly of foot » sont toutes mauvaises ; certaines plus que d’autres, mais toutes mauvaises : c’est-à-dire qu’elles suscitent chez le savant, leur seul juge, – suscitent, j’ose l’affirmer, chez le professeur Thompson ou le professeur Jowett, – un sentiment totalement différent de celui que provoquent en eux les mots d’Homère que ces expressions prétendent rendre.

L’archaïsme populiste de Newman. Au milieu du XIXe siècle, Francis Newman contesta la tradition dominante de domestication en traduction anglaise avec son Iliade étrangisante (1856). Il prônait la conservation de « toute particularité de l’original », même « étrangère », et employait un archaïsme artificiel, puisant dans diverses périodes de l’anglais, pour signaler une distance historique et un attrait populaire. Newman voulait rendre Homère « archaïque et populaire », utilisant le mètre de la ballade et un anglais non standard pour toucher un « lecteur anglais non lettré ».

La critique élitiste d’Arnold. Matthew Arnold, alors professeur de poésie à Oxford, attaqua violemment la traduction de Newman dans ses conférences On Translating Homer (1861). Arnold défendait un discours transparent et une lecture académique d’Homère, insistant pour que seuls les « savants compétents » jugent les traductions. Il qualifia l’archaïsme de Newman d’« ignoble », « inutilement vieilli et grossier », et de « déviation flagrante » qui ne captait pas la « noblesse » et le « grand style » d’Homère.

Canonisation de la domestication. La critique d’Arnold, fondée sur un concept élitiste et nationaliste de la culture anglaise, visait à imposer des valeurs savantes à la nation et à réprimer les formes culturelles populaires. Malgré la défense de Newman de son approche populiste et historicisante, les vues d’Arnold prévalurent largement, conduisant à la marginalisation de Newman et à la canonisation continue de la traduction fluide et domestiquante. Cette controverse illustre comment les pratiques étrangisantes, même motivées démocratiquement, peuvent être rejetées par les institutions culturelles dominantes.

6. La traduction moderniste : perturber la transparence par l’hétérogénéité

La traduction d’un poème ayant une certaine profondeur finit par être l’une des deux choses : soit l’expression du traducteur, pratiquement un nouveau poème, soit une sorte de photographie, aussi exacte que possible, d’un côté de la statue.

Autonomie esthétique et appropriation. Les modernistes du début du XXe siècle, tels qu’Ezra Pound, T.S. Eliot et Basil Bunting, affirmèrent l’autonomie esthétique du texte traduit, le considérant comme une œuvre nouvelle à part entière. Si cela conduisit souvent à des appropriations domestiquantes des textes étrangers au service des agendas modernistes, cela favorisa aussi des pratiques innovantes qui contestèrent le discours transparent dominant. Pound, par exemple, voyait la traduction comme un moyen de retrouver des valeurs perdues et d’affiner la poétique anglaise.

Hétérogénéité discursive. Les traducteurs modernistes, en particulier Pound puis Louis et Celia Zukofsky, cultivèrent des discours extrêmement hétérogènes pour signifier les différences linguistiques et culturelles des textes étrangers. Ils expérimentèrent :

  • l’archaïsme (par exemple, l’« anglais pré-élisabéthain » de Pound pour Cavalcanti)
  • les dialectes non standard et les colloquialismes
  • la syntaxe inversée ou complexe
  • la polysémie et les effets sonores
    Cette approche entravait l’intelligibilité immédiate, mettant en avant la textualité de la traduction et résistant à l’illusion de la présence de l’auteur.

Marginalisation et héritage. Malgré leurs innovations, les pratiques modernistes restèrent marginales dans les cultures anglophones, souvent qualifiées d’« illisibles » ou de « folles ». Des critiques comme Dudley Fitts, bien qu’influencés par le modernisme, défendirent finalement un anglais fluide et contemporain, renforçant la domination de la transparence. Néanmoins, la traduction moderniste posa les bases d’un concept postmoderne de la traduction, voyant l’étranger comme un outil stratégique pour perturber les hiérarchies culturelles réceptrices et ouvrir la langue à des formes non standard.

7. Le leurre du « simpatico » : démasquer la fidélité narcissique

Le traducteur ne doit pas seulement s’entendre avec l’auteur, ne pas seulement le trouver sympathique ; il doit aussi être en identité avec lui.

L’idéal du simpatico. La notion de traduction « simpatico » postule qu’une sensibilité ou une identité partagée entre auteur et traducteur est hautement souhaitable pour atteindre la fidélité. Cet idéal, prévalent dans les cultures britanniques et américaines depuis le XVIIe siècle, suggère que le traducteur peut participer par procuration aux pensées et sentiments de l’auteur, conduisant à une traduction transparente où la voix de l’auteur est parfaitement reproduite.

Racines romantiques et illusion. Ce concept est profondément ancré dans la poétique romantique, qui considère la poésie comme le débordement spontané de sentiments puissants et l’expression d’une personnalité unique. Le simpatico étend cela à la traduction, impliquant que le traducteur devient « non plus son interprète, mais Lui ». Cela crée une illusion de présence de l’auteur, où le texte traduit est perçu comme un original, masquant le travail du traducteur et la médiation inhérente au langage.

Domestication narcissique. La quête du simpatico conduit finalement à un narcissisme culturel, où le traducteur projette ses propres « associations privées » sur le texte étranger, n’y trouvant que la même culture et le même soi dans l’autre culturel. Cette domestication efface la singularité du texte étranger, le réduisant à des termes familiers et renforçant l’esthétique dominante de la culture réceptrice. Elle entrave un véritable engagement avec les différences linguistiques et culturelles, perpétuant l’invisibilité du traducteur et la marginalisation de la traduction comme art dérivé.

8. La traduction résistante : une intervention culturelle stratégique

La résistance fait de la traduction en langue anglaise une politique culturelle dissidente aujourd’hui, alors que les stratégies fluides et le discours transparent perpétuent cette mystification des textes étrangers.

Définir la résistance. La traduction résistante, à l’opposé du simpatico, embrasse une esthétique de discontinuité, visant à reproduire la fragmentation et l’indétermination des textes étrangers. Cette stratégie défie le discours transparent dominant dans la culture réceptrice, forçant les lecteurs à affronter la nature médiatisée du texte et les différences linguistiques et culturelles en jeu. C’est une déviation délibérée de la fluidité, souvent marquée par des coupures abruptes, des particularités syntaxiques et des lexiques mixtes.

Fidélité abusive. Cette approche aboutit à une « fidélité abusive », où la traduction reproduit et complète simultanément le texte étranger. Elle « force le système linguistique et conceptuel » de la langue cible tout en orientant une « poussée critique vers l’original ». Cela signifie que la traduction peut dépasser ou manquer le sens du texte étranger, mettant en avant ses propres choix interprétatifs et révélant des contradictions potentielles dans l’original.

Impact culturel et politique. La résistance constitue une politique culturelle dissidente, contestant les hiérarchies et exclusions existantes dans la culture réceptrice. En rendant la traduction étrange et déstabilisante, elle libère à la fois le lecteur et le traducteur des contraintes culturelles qui domestiquent les textes étrangers. Cette « utilisation mineure d’une langue majeure » déterritorialise la langue cible elle-même, l’ouvrant à des formes non standard et favorisant une plus grande méfiance envers les mystifications inhérentes à la traduction.

9. Au-delà du plagiat : le choix stratégique des textes pour des effets étrangisants

La leçon que Tarchetti enseigne au traducteur dissident est que le choix d’un texte étranger à traduire peut être tout aussi étrangisant dans son impact sur la culture réceptrice que l’invention d’une stratégie discursive.

Le plagiat subversif de Tarchetti. La traduction plagiée d’Iginio Ugo Tarchetti de « The Mortal Immortal » de Mary Shelley en italien illustre comment la sélection du texte peut constituer un acte étrangisant. En présentant un conte gothique comme sa propre œuvre originale en dialecte toscan dominant, Tarchetti introduisit un genre qui contestait le réalisme prédominant dans la fiction italienne. Cet acte de plagiat dissimulé, bien qu’éthiquement problématique, subvertit les valeurs bourgeoises et déterritorialise la norme littéraire.

Complexités idéologiques. L’intervention de Tarchetti fut cependant marquée par des contradictions idéologiques. Ses penchants orientalistes, par exemple, minèrent parfois sa politique démocratique, et la suppression de la paternité de Shelley eut des effets patriarcaux. Pourtant, sa traduction révisa subtilement le conte de Shelley, mettant en avant le conflit de classes et affaiblissant ses présupposés féministes bourgeois, exposant ainsi les limites politiques de l’original.

Réforme des canons littéraires. L’œuvre de Tarchetti, aux côtés d’autres traductions italiennes de fantastique étranger, contribua à une réforme significative du canon, faisant du fantastique un discours dominant dans la fiction italienne du XXe siècle. Cela démontre que les traducteurs peuvent choisir stratégiquement des textes étrangers dont le discours ou le genre contredisent les traditions littéraires établies dans la langue réceptrice, introduisant ainsi de nouvelles formes et thématiques qui contestent les esthétiques dominantes et influencent le développement de nouvelles littératures.

10. Un appel à l’action : reconquérir visibilité et éthique

Reconnaître l’invisibilité du traducteur, c’est à la fois critiquer la situation actuelle et espérer un avenir plus accueillant aux différences que le traducteur doit négocier.

Pratique autocritique. Les traducteurs doivent cultiver une pratique consciente et autocritique, fondée sur une connaissance approfondie des cultures source et cible. Cela implique d’examiner le genre, le champ et le contexte géopolitique de leur travail, et d’utiliser ce savoir pour faire des choix éclairés quant à la sélection des textes et aux stratégies discursives. L’objectif est de contester la violence ethnocentrique de la traduction et de transformer la domestication en une intervention étrangisante.

Remettre en cause les normes institutionnelles. Les traducteurs doivent œuvrer activement à la révision des codes qui les marginalisent et les exploitent. Cela inclut :

  • l’exigence de contrats définissant la traduction comme « œuvre originale de création » avec des conditions financières équitables,
  • la défense de réformes du droit d’auteur reconnaissant l’autonomie de la traduction par rapport au texte étranger,
  • la présentation de justifications argumentées pour les pratiques innovantes dans des préfaces, essais et entretiens afin de rendre visible leur paternité.

Réformer la lecture et l’enseignement. Un changement fondamental est nécessaire dans la manière dont les traductions sont lues, critiquées et enseignées. Les traductions requièrent une « double lecture » — à la fois comme communication et comme inscription interprétative — pour comprendre leurs caractéristiques formelles et les contextes culturels qui les ont façonnées. Les institutions académiques, en particulier, doivent encourager la recherche et les discussions en classe qui traitent les traductions comme des objets d’étude à part entière, interrogeant leurs effets culturels et politiques. Cet effort collectif peut favoriser une plus grande méfiance envers les mystifications de la traduction et une foi utopique en son pouvoir de provoquer un changement culturel.

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Résumé des avis

3.79 sur 5
Moyenne de 272 évaluations de Goodreads et Amazon.

L’invisibilité du traducteur de Lawrence Venuti suscite des avis partagés, avec une moyenne de 3,79 sur 5. Ses partisans saluent son plaidoyer en faveur de la « étrangérisation » en traduction — c’est-à-dire la préservation de l’altérité culturelle plutôt que la domestication des textes — et le considèrent comme une œuvre fondatrice dans les études de traduction. En revanche, ses détracteurs le jugent trop théorique, mal structuré et peu adapté aux traducteurs en exercice. Beaucoup déplorent un style dense, des arguments répétitifs, des exemples trop longs ainsi qu’un jargon marxiste qui embrouille plus qu’il n’éclaire. Plusieurs soulignent l’ironie d’un Venuti élitiste tout en défendant la visibilité du traducteur. Tous s’accordent à dire que le premier chapitre concentre les idées essentielles, tandis que les suivants s’étendent inutilement en longueur.

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À propos de l'auteur

Lawrence Venuti est né à Philadelphie et a obtenu son diplôme de l’Université Temple, avant de décrocher un doctorat en anglais à l’Université Columbia en 1980. Il occupe actuellement le poste de professeur d’anglais à l’Université Temple et a été invité à enseigner dans des institutions prestigieuses telles que Princeton, Columbia et l’Université de Pennsylvanie. Son travail de traduction a été couronné par de nombreux prix, parmi lesquels le Renato Poggioli Award (1980), des subventions du National Endowment for the Arts (1983, 1999), une bourse Guggenheim (2007) ainsi que le Robert Fagles Translation Prize (2008). Il siège également dans les comités de rédaction de plusieurs revues spécialisées en traduction et a dirigé des numéros spéciaux consacrés à la traduction et aux minorités, ainsi qu’à la poésie et à la traduction.

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